L’Histoire retrouvée
de Thomas Widd

Le projet Histoires retrouvées rappelle des récits peu connus du passé canadien, provenant de toutes les régions du pays.

Pour ce premier épisode, produit avec l'appui de la Fondation Pierre Elliott Trudeau, nous avons communiqué avec les Montréalais par l’entremise d’un large éventail de médias et avons reçu quarante propositions d’articles. Nous avons choisi le récit de la vie de Thomas Widd, un homme qui, atteint de surdité, fonda l’Institut Mackay pour les sourds-muets de confession protestante au XIXe siècle. Le récit a été proposé par Janet McConnell, une institutrice à la retraite dont les deux parents étaient sourds même si elle-même n’est pas atteinte de surdité. Lorsque l’homme d’affaires Joseph Mackay donna le site et les fonds pour la construction de l’école, Thomas Widd et son histoire tombèrent dans l’oubli.

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Grâce à l’implication de la collectivité des personnes sourdes de Montréal, dont bon nombre considèrent Thomas Widd comme un héros, un homme sourd ayant réussi à créer quelque chose d’important, l’histoire perdue de Thomas Widd a été retrouvée et mise en lumière par la murale de l’artiste Lalie Douglas, installée sur le site de l’École Mackay en septembre 2013. Le processus créatif de l’artiste a été documenté dans un court métrage de 22 minutes produit par Ronald Rudin et réalisé par Bernar Hébert. Le film raconte l’histoire de Thomas Widd et explique comment Janet et Lalie ont réussi à transformer ce récit en œuvre d’art. Le film a été choisi et présenté pendant le Festival international de film sur l’art à Montréal en mars 2015.

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Générique

Artiste

Lalie Douglas

Artiste Montréalaise, Lalie Douglas crée des objets et des installations qui questionnent nos attentes de comment l’art devrait de comporter tant dans la galerie que dans les lieux publics. Son travail a été exposé au Québec, au Canada et à l’international. Ses projets récents incluent Du coin de l’œil (Regina, 2011 et Montreal, 2013), Broken Land: histoires contées et racontées (Laval, 2014) et les œuvres d’art public tel D’où venons-nous / Où Allons-nous (Mascouche, 2012) et Ici, nous nous sentions chez nous (Montréal, 2013), ce dernier créé en honneur de Thomas Widd et son épouse Margaret, fondateurs de ce qui a devenu le Mackay School for the Deaf, un projet documenté dans le film Lost Stories. Son travail a été soutenu par plusieurs bourses, du Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec. Elle détient une maitrise en sculpture de l’Université Concordia. laliedouglas.com.

Réalisateur et scénariste

Bernar Hébert

Bernar Hébert, réalisateur, producteur, président de ANEMIC & KINETIC, a plus de 30 ans d’expérience, pendant lesquels il a su explorer plusieurs médiums artistiques tels que l’art contemporain, en passant par la danse et la musique. En 1991, il est couronné d’un International Emmy Award, à titre de réalisateur, pour son film Pictures at an Exhibition. Avec ce film musical sans paroles, il a créé un univers visuel singulier avec plusieurs disciplines artistiques. On lui doit L’art du Nu (2005), triptyque qui donne la parole aux modèles vivants dans le milieu artistique. Il est derrière les 4 saisons de Vente de Garage (ARTV), série qui suivait les étapes de création d’artistes parmi lesquels on compte Isabelle Hayeur, BGL, Pascal Grandmaison. La série documentaire Les Contemporains, son dernier opus (ICI ARTV), créée pour souligner les 50 ans du Musée d’art contemporain de Montréal, propose de suivre le processus créatif d’artistes émergents.

Coordonnateur du projet

Ronald Rudin

Professeur d'histoire à l'Université Concordia, le rôle de Ronald Rudin en tant que directeur du projet Histoires retrouvées est directement lié à son intérêt pour l'étude de la façon dont le passé est communiqué au grand public. Cet intérêt est manifeste dans ses trois derniers livres (L'histoire dans les rues de Québec, L'Acadie entre le souvenir et l'oubli, et Kouchibouguac) qui explorent la façon dont le passé a été utilisé à diverses fins au Canada français. En plus de communiquer ses recherches par le texte, il a participé à plusieurs projets cinématographiques qui explorent la représentation du passé dans l'espace public. Il a produit Life after Île Ste-Croix (2006) et Mémoire d'un souvenir (2010); il a également été le co-créateur du site Web axé sur le cinéma et intitulé, Le retour des voix au parc national Kouchibouguac (2013). Il est le coordonnateur de projet pour ce récit, l'épisode pilote du projet Histoires retrouvées, qui a été financé grâce à une bourse de recherche de la Fondation Pierre Elliott Trudeau.


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Faire l'art


Enseigner les histoires retrouvées

Enseigner les histoires retrouvées regroupe un ensemble de plans de cours et de documents historiques qui encouragent la réflexion critique sur l'histoire qui nous entoure. Les enseignants et les élèves se demandent pourquoi certains récits du passé canadien ont été commémorés au moyen de repères historiques comme des monuments, alors que d'autres ont été ignorés. Plus précisément, l'épisode entourant Thomas Widd est utilisé pour encourager la réflexion en classe sur les raisons pour lesquelles ce récit particulier a été « perdu » et pour inciter les élèves à le présenter à l'aide de leurs propres repères.

  • Unité et plan de leçons [pdf]
  • Deuxième leçon : Autres récits [pdf]
  • Troisième leçon : Effectuer une recherche sur des récits perdus [pdf]
  • Document de référence sur l’éducation des personnes sourdes [pdf]
  • Collection de documents historiques sur l’éducation des personnes sourdes [pdf]
  • Outil d’analyse du document primaire [pdf]
  • Critères entourant les repères historiques [pdf]
  • Thématique de présentation d’une recherche sur un repère historique [pdf]

Matériel préparé par Ruth Sandwell et Scott Pollock.

Ruth Sandwell, conseillère pédagogique pour le projet Histoires retrouvées, est historienne et professeure de la pédagogie de l’histoire à l'Ontario Institute for Studies in Education et au département d'histoire de l'University of Toronto. En plus d'effectuer de la recherche et de publier des articles sur l'histoire sociale de l'énergie et du Canada rural, elle est la codirectrice fondatrice et directrice pédagogique du site Web d'enseignement de l'histoire: Les grands mystères de l'histoire canadienne. Elle a édité deux recueils d'essais sur l'enseignement de l'histoire: Ruth Sandwell et Amy von Heyking, éd. (2014), Becoming a History Teacher: Sustaining Practices in Historical Thinking and Knowing, Toronto: University of Toronto Press; et Ruth W. Sandwell, éd. (2006) To The Past: History Education, Public Memory and Citizenship Education in Canada, Toronto, University of Toronto Press.


Scott Pollock, conseiller pédagogique pour le projet Histoire retrouvées, a obtenu son doctorat de l'Ontario Institute for Studies in Education/University of Toronto en 2017. Ses recherches portent sur l'histoire du cursus scolaire en Ontario, et plus particulièrement sur le développement de la « pensée historique » en tant que concept pédagogique. De plus, il a enseigné l'histoire dans une école secondaire pendant 17 ans et est actuellement enseignant et chef de file en innovation à l'école St. Mildred's-Lightbourn à Oakville, en Ontario. Il a également agi à titre de conseiller pédagogique pour divers organismes et éditeurs, contribuant à la création de documents traitant de l'histoire canadienne et mondiale.


Autres infos sur Thomas Widd

Le film, L’Histoire retrouvée de Thomas Widd, présente la vie de Thomas Widd mais beaucoup plus de renseignements sont disponibles sur sa vie et l’époque où il a vécu. Ces galeries contiennent des documents et des images qui expliquent certains aspects de son œuvre comme éducateur atteint de surdité et nous permettent de nous questionner sur l’époque et l’endroit où il a vécu.

Les Widd et leur collectivité

Lorsque l’Institution protestante pour les sourds-muets a ouvert ses portes en 1870, le personnel était essentiellement compose de Thomas Widd et de son épouse, Margaret Fitzakerly Widd. En fait, la seule image que nous avons de M. Widd dans sa classe indique aussi la présence de son épouse. Ils créèrent une école résidentielle qui a été décrite par certaines personnes interviewées dans le cadre de ce projet comme un véritable foyer, ce qui explique pourquoi Lalie Douglas a choisi «Ici, nous nous sentions chez nous» comme titre de son œuvre d’art décrite dans le documentaire du projet Histoires retrouvées.

Toutes les images de la galerie sauf une proviennent des archives du Centre MAB-Mackay et sont utilisées avec leur permission. La photographie des bustes des Widd faits par Lalie Douglas est de Paul Litherland.

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Thomas Widd au cœur d’un conflit religieux

Thomas Widd avait à cœur d’améliorer le sort des personnes sourdes. Il arriva au Québec à la fin des années 1860, au moment où toutes les institutions (écoles, hôpitaux, œuvres de bienfaisance) étaient définies soit comme catholiques ou protestantes; il n’existait pas d’institutions « neutres »; c’est pourquoi il appela son école l’Institution pour les sourds-muets de confession protestante. Dans les années précédant immédiatement l’ouverture de l’école, en 1870, il se retrouva au cœur d’une controverse dans la presse locale au sujet des dangers qui guettaient les enfants protestants sourds s’ils étaient éduqués dans des écoles catholiques. Cette galerie de documents illustre bien que Thomas Widd n’était pas seulement membre de la collectivité des personnes sourdes mais qu’il était aussi interpellé par les débats de la société en général. À noter dans ces documents que The Montreal Witness était un journal protestant alors que le True Witness était de confession catholique.

Thomas Widd, son école, sa philosophie d’enseignement

Sourd depuis son plus jeune âge, Thomas Widd émigra de l’Angleterre vers Montréal en 1868 où il contribua largement à l’éducation des personnes sourdes. C’est en 1870 qu’il fonda l’Institution pour les sourds-muets de confession protestante. Elle devint l’Institution Mackay pour les sourds-muets en 1877 lorsque Joseph Mackay donna le terrain et l’argent nécessaires à la construction d’un édifice qui survécut jusque dans les années 1960. Thomas Widd en fut le principal jusqu’à son départ pour des raisons de santé en 1882.

Cette galerie de documents met l’accent sur les idées de Thomas Widd sur le potentiel des enfants sourds et les débuts de l’histoire de l’école qu’il a fondée.

Les édifices de Thomas Widd

Pendant le peu de temps que Thomas Widd a passé à Montréal, entre 1868 et 1882, son école pour les sourds a été installée dans deux édifices : le premier ressemblait davantage à une maison, mais le deuxième, qui a même reçu une visite royale en 1878, était beaucoup plus imposant.

  • 1. Protestant Institution for Deaf-Mutes: Thomas Widd,
  • 2. Protestant Institution for Deaf-Mutes by Lalie Douglas: Photo by Paul Litherland
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  • 4. Royal Visit to Mackay Institution, 1878:  BAnQ, Collection Massicotte, 2-4-b.
  • 5. Sketch of Mackay Institution: MAB- Mackay Archives.
  • 6. Photo of Mackay Institution: MAB- Mackay Archives.
  • 7. Mackay Institution by Lalie Douglas: Photo by Paul Litherland.