L’enlèvement des garçons Stó:lō
pendant la ruée vers l’or du fleuve Fraser

Les Canadiens sont de plus en plus au courant de l’histoire tragique des pensionnats indiens, et le drame que représente aujourd’hui la disparition et l’assassinat des femmes autochtones illustre bien la vulnérabilité encore présente des jeunes autochtones. Mais l’histoire des jeunes garçons autochtones « enlevés par… des hommes blancs vicieux » pendant la ruée vers l’or du fleuve Fraser en 1858 s’est perdue dans la nuit des temps. Ces jeunes garçons de la nation Stó:lō furent enlevés par des mineurs américains et amenés en Californie. La plupart d’entre eux ne furent jamais revus, même si au moins deux revinrent miraculeusement au bercail quarante années plus tard; et un jeune garçon âgé de dix ans est enterré dans une fosse non identifiée sur le terrain de son ravisseur dans le cimetière des pionniers de Sacramento. Ces familles en furent dévastées et l’on dit que le père d’un de ces jeunes garçons « parcourut la forêt pendant des jours [et] en mourut de chagrin ».

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Cette histoire est venue de Keith Thor Carlson, professeur à l'Université de la Saskatchewan et coordonnateur du projet pour cet épisode. Dans le cadre de ses recherches, il avait vu des documents faisant référence à des garçons Stó:lō qui avaient été enlevés pendant la ruée vers l'or du fleuve Fraser, une histoire inconnue des membres de la communauté. Basée sur les recherches de Keith, l'histoire a été racontée par l'entremise d'un poteau sculpté par Terry Horne, un artiste de Coast Salish. Sa sculpture a été installée en août 2017 sur les rives du fleuve Fraser, près de Hope (C.-B.). Ce site, fourni par la Première Nation Chawathil, marque l'endroit où un des garçons avait été vu pour la dernière fois. L'histoire et le processus créatif de Terry sont présentés dans le film Les garçons Stó:lō kidnappés de Sandra Bonner-Pederson de la Première Nation Tzeachten. L'ensemble du projet a été guidé par un comité de direction composé d'éducateurs Stó:lō, de mères et d'experts culturels.

Credits

Artiste

Terry Horne

Terry Horne est un artiste de Coast Salish comptant plus de 20 ans d’expérience professionnelle. En parallèle à sa pratique artistique, Terry est aussi le chef de bande de Yakweakwioose, situé à Chilliwack, en Colombie-Britannique. Il porte le nom ancestral de Siyemches, un nom transmis par son grand-père Frank Malloway. L’œuvre de Terry Horne a été exposée dans plusieurs pays et dans diverses galeries. Son matériau de prédilection est le bois, principalement le cèdre rouge, dont il sculpte des poteaux de maisons, des totems et des masques.

Filmmaker

Sandra Bonner-Pederson

Sandra Bonner-Pederson, membre de la Première nation Tzeachten, est propriétaire-opérateur de Bear Image Productions, une société de production vidéo établie en 2002 et située sur le territoire de la Première nation Tzeachten, près de Chilliwack, en Colombie-Britannique. De ses débuts dans l’industrie de la télévision en tant qu’hôte bénévole pour le programme des Premières nations "Rebirth of a Nation", elle a ensuite étudié à l’Institut de technologie de la Colombie-Britannique, puis elle a travaillé à ITV et à la chaine Super-Channel/Family Channel. À son retour à Chilliwack, elle a acquis une solide expérience en vidéographie et en montage avant de créer Bear Image Productions, dont le travail est présenté sur le site Web de la société. L’entreprise de Sandra produit un programme hebdomadaire diffusé sur une chaine locale intitulée «Bear Tracks». Ces films de trois à quatre minutes s’inscrivent dans le cadre d’un projet de plus grande envergure destiné aux Premières nations. Bear Image Productions

Project coordinator

Keith Thor Carlson

Keith Thor Carlson est professeur d'histoire à l'Université de la Saskatchewan, où il est titulaire d'une chaire de recherche en histoire autochtone et communautaire. Avant de venir à cette université, il a travaillé pendant dix ans comme historien pour la nation Stó:lō en Colombie-Britannique. Il y a collaboré avec l’organisme Knowledge Keepers pour étudier l'histoire et la conscience historique des peuples autochtones et pour examiner l'histoire du colonialisme d'implantation. Ses recherches sur le meurtre d'un jeune Stó:lō tué aux États-Unis par une foule en colère en 1886 ont mené au film documentaire The Lynching of Louie Sam (2004), qui a incité l'Assemblée législative de l'État de Washington à présenter des excuses officielles à la communauté Stó:lō. De plus, il est l'auteur de six ouvrages, dont le livre primé, The Power of Place, The Problem of Time: Aboriginal Collective Identity and Historical Consciousness in the Cauldron of Colonialism (2010); et il a publié ou coédité quatre autres ouvrages, dont The Stó:lō -Coast Salish Historical Atlas (2001) et Orality and Literacy: Reflections Across Disciplines (2011). Avec John Lutz (UVic) et ses collègues de la nation Stó:lō, Carlson offre le seul programme pour cycles supérieurs en sciences humaines liés à l’ethnohistoire sur le terrain en Amérique du Nord. Il a récemment créé le Community Engaged History Collaboratorium, où il facilite des partenariats avec des organismes autochtones, culturels et patrimoniaux afin d'offrir des stages d'été rémunérés à des étudiants de premier cycle.