La lèpre sur l’île Sheldrake,
Nouveau-Brunswick

Vers la fin du XVIIIe siècle, la lèpre était devenue un grave problème de santé publique le long de la côte est du Nouveau-Brunswick. Touchant principalement les Acadiens, le problème était devenu si pressant qu’en 1844 le Bureau de Santé du Nouveau-Brunswick décidait d’envoyer trente personnes souffrant de la lèpre à l’île Sheldrake, à l’embouchure de la rivière Miramichi, loin d’où ils avaient toujours vécu. Leurs conditions de vie étaient très difficiles et quinze d’entre eux moururent. D’autres résistèrent et s’enfuirent sur le continent. Leur situation souleva l’indignation, particulièrement chez les Acadiens qui voyaient par ce déplacement forcé remonter les souvenirs de la déportation de leur peuple au XVIIIe siècle. En 1849, cette colère amena le gouvernement à relocaliser ces personnes vers un nouvel établissement installé plus près d’où vivaient leurs familles, à Tracadie, le site sur lequel est installée l’œuvre d’art commémorative du projet.

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Cette histoire a été présentée au projet par le comité commémoratif de Sheldrake, un groupe du nord-est du Nouveau-Brunswick déterminé à faire connaître l'histoire de l'île Sheldrake dans les années 1840. Des entrevues avec des membres du comité ont inspiré l'installation artistique de Marika Drolet Ferguson qui a été installée en septembre 2017 à Tracadie, au Nouveau-Brunswick, où des personnes atteintes de la lèpre ont été amenées après leur évacuation de l'île Sheldrake. L'installation se compose de quinze photographies, une pour chaque personne décédée sur l'île. Les photographies portent particulièrement sur l'environnement entourant les personnes confinées à l'île Sheldrake. L'histoire de cette expérience et le processus menant à l'installation de Marika font l'objet du documentaire Sheldrake de Julien Cadieux.

Générique

Artiste

Marika Drolet-Ferguson

Marika Drolet-Ferguson est originaire de la péninsule acadienne du Nouveau-Brunswick. Dans sa pratique en arts visuels, elle s’intéresse particulièrement au paysage comme construction culturelle : au-delà de ce que l’on voit à la surface, elle s’intéresse surtout à la manière dont on regarde. C’est par la photographie argentique qu’elle explore comment l’environnement qui nous entoure devient aussi celui qui nous habite. Son travail a été présenté à la Galerie d’art Louise-et-Reuben-Cohen de Moncton dans le cadre l’exposition de groupe « Punctum » (2013). Elle a été artiste en résidence en Suède (2014), puis en Islande (2015). En 2016, elle a présenté son travail lors d’une exposition individuelle à la Salle Sans Sous du Centre Culturel Aberdeen de Moncton; elle a participé au Symposium Art-Nature à Moncton avec le collectif m+m+m; elle a participé à une exposition de groupe à la Galerie Bernard-Jean de Caraquet; et elle a été chargée de cours au département des arts visuels de l’Université de Moncton. Elle a étudié les arts visuels à l’Université de Moncton et l’architecture à l’Université Laval, à Québec et à l’Université de Gênes, en Italie. [Site web].

Cinéaste

Julien Cadieux

Après des études en production cinématographique à la Mel Hoppenheim School of Cinema de l’Université Concordia, le cinéaste d’origine acadienne Julien Cadieux s’est dédié à la réalisation et au montage de films documentaires au Nouveau-Brunswick. Dans ses oeuvres se côtoient son intérêt pour les arts et son admiration pour la beauté des gens de son pays. Sa première réalisation, Habiter la danse (ONF), portrait d’une jeune danseuse acadienne, dresse l’état des lieux de la danse en Acadie. Son film suivant, Guilda : Elle est bien dans ma peau (SRC) est une incursion dans l’univers complexe du célèbre travesti. Fasciné par la beauté du littoral acadien, il réalise aussi Le Chant du phare (SRC), un hommage au patrimoine côtier et un appel à sa préservation. Ce thème est également au cœur des deux saisons de la série documentaire Les Iles de l’Atlantique (SRC) qui explore les multiples facettes de la vie insulaire. En outre, il a réalisé la série web musicale Laisser le bon temps rouler (TV5).

Coordonnateur du projet

Ronald Rudin

Professeur d'histoire à l'Université Concordia, le rôle de Ronald Rudin en tant que directeur du projet Histoires retrouvées est directement lié à son intérêt pour l'étude de la façon dont le passé est communiqué au grand public. Cet intérêt est manifeste dans ses trois derniers livres (L'histoire dans les rues de Québec, L'Acadie entre le souvenir et l'oubli, et Kouchibouguac) qui explorent la façon dont le passé a été utilisé à diverses fins au Canada français. En plus de communiquer ses recherches par le texte, il a participé à plusieurs projets cinématographiques qui explorent la représentation du passé dans l'espace public. Il a produit Life after Île Ste-Croix (2006) et Mémoire d'un souvenir (2010); il a également été le co-créateur du site Web axé sur le cinéma et intitulé, Le retour des voix au parc national Kouchibouguac (2013). Au cours des quinze dernières années, ses recherches se sont concentrées sur l'histoire acadienne et plus particulièrement sur le Nouveau-Brunswick, ce qui l'a amené à être le coordonnateur du projet pour ce récit.


Enseigner les histoires retrouvées : La lèpre sur l’île Sheldrake, Nouveau-Brunswick

Enseigner les histoires retrouvées regroupe un ensemble de plans de cours et de documents historiques qui encouragent la réflexion critique sur l'histoire qui nous entoure. Les enseignants et les élèves se demandent pourquoi certains récits du passé canadien ont été commémorés au moyen de repères historiques comme des monuments, alors que d'autres ont été ignorés.

  • Unité et plan de leçons [pdf]
  • Deuxième leçon : Autres récits [pdf]
  • Troisième leçon : Effectuer une recherche sur des récits perdus [pdf]
  • Document de référence[pdf]
  • Collection de documents historiques sur la lèpre [pdf]
  • Outil d’analyse du document primaire [pdf]
  • Critères entourant les repères historiques [pdf]
  • Thématique de présentation d’une recherche sur un repère historique [pdf]

Matériel préparé par Gabrielle Rogers.